Je suis dans ce café, comme tous les matins assise à une table dans le fond de la pièce, le dos contre le mur. De toute façon, je n'ai que ça à faire. La porte du café s'ouvrit brusquement, faisant sursauter le peu de personnes étant dans la salle. Cette personne se dirigea vers une table non loin de la mienne et se laissa tomber sans grâce sur sa chaise. Je me replonge dans ce livre, mes doigts courant sur les pages blanches et mon regard dans le vide. Le serveur arriva avec la commande pour la personne de la table d'à côté, je l'entendis étouffer un juron sûrement après l'apprenti maladroit qui avait renversé sa boisson. Un sourire s'étendit sur mes lèvres.
Moi : ne lui en veut pas, il débute dans le métier.
La personne : peut-être et franchement...
Moi * le coupant* : assois-toi avec moi.
Je l'entendis se lever et se rasseoir en face de moi.
PDV de la mystérieuse personne.
Le serveur arrive et trébuche sur je ne sais quoi renversant le whisky que j'avais commandé. J'étouffe un juron quand une voix me fait tourner la tête. Une jeune fille que je n'avais même pas remarqué engage la conversation avec moi, je lui réponds assez froidement mais elle me demande de m'asseoir à sa table ce que je fais. Elle a le dos appuyé contre le mur, les pieds sur la banquette et les jambes repliées. Ses doigts courent sur les pages d'un livre en braille qu'elle pose sur la table à côté de son café au lait. Elle prend doucement ma main dans les siennes et ses pouces effectuent de petits mouvements circulaires. Elle a un magnifique sourire fixé à son visage angélique.
Elle : pourquoi tu es si stressé ?
Sa voix cristalline résonne à mes oreilles comme une caresse.
Moi : heu...
Elle : tu peux me faire confiance, tu ne me connais pas mais toi non plus tu ne sais pas qui je suis.
Moi : une longue histoire.
Elle : j'ai tout mon temps
Moi : ma petite amie vient de me plaquer...
Elle : et tu le prends mal. Viens on va marcher, tu m'expliqueras ça.
Elle rangea son livre dans son sac mit en bandoulière et se leva. Je fis de même et elle s'accrocha à mon bras.
Elle : à demain, Mathias !
Le dénommé Mathias n'est autre que le propriétaire du café, il releva la tête d'un cahier sur lequel il écrivait et lui répondit dans un sourire.
Mathias : à demain, puce. Fais attention à toi !
Elle : ne t'en fait pas pour moi, j'ai trouvé une personne en or !
On sortit dans la rue.
Elle : alors, tout d'abord. Moi c'est Violette Rosenberg et j'ai 15 ans.
Moi : ben moi c'est Bill Kaulitz et j'ai 18 ans.
Violette : ok. Alors... Explique-moi le pourquoi du comment de la chose.
Moi : bah j'ai découvert qu'elle me trompait avec mon frère.
Violette : ah ouais... Pas sympa ça... Viens, on va dans ce parc.
Moi : heu... Comment...
Violette : la résonnance de nos pas contre les murs s'est estompée donc je devine qu'on est arrivés au coin de la grande rue et de la rue qui mène au centre.
Moi : wouah.
Elle laisse échapper un petit rire, elle est si sympathique... On traverse la rue et on arrive dans le parc. Elle m'entraîne vers un banc, à l'ombre des arbres, où on s'assoit. Elle lâche mon bras et se mets à cheval sur le banc, face à moi. Je fais de même.
Moi : c'est bizarre...
Je perdis mon regard dans l'eau du lac.
Violette : quoi donc ?
Moi : je ne te connais que depuis une demi-heure et j'ai l'impression d'avoir vécu toute mon enfance avec toi...
Violette : ah bon ?
Moi : ouais... C'est pour ça que j' te dis... C'est bizarre... Moi qui n' suis pas très sociable !
Violette : j' trouve que t'es très sympa moi !
Moi : ^.^ t'es la première à avoir le pouvoir de me faire oublier mes problèmes !
Elle eut un rire.
Violette : toi ? Des problèmes ?
Moi : ouais... Le groupe, les concerts et tout ça...
Violette : qu'est-ce que tu me chantes ?
Moi : tu... Tu n' m'as pas reconnus ??
Violette : je devrais ?
Moi : si j' te dis Tokio Hotel !
Violette : j'te réponds qu'ils ont une belle musique mais que je n' suis pas pouf en tout genre et que j' n'irais probablement jamais à aucun de leurs concerts.
Moi : tu m' rassures.
On rigola timidement quelques instants. Elle est si belle... Ses cheveux d'ébènes volant à chaque brise de vent, ses yeux verts brillants d'ailleurs on ne dirait pas qu'elle est aveugle. Elle eut un sourire.
Violette : arrête de me dévisager comme ça, ça m' gêne. Surtout que je dois pas avoir une mine superbe ! Loin d' là !
Moi : tu rigoles ?! T'es magnifique !
Elle eut un sourire timide et ses joues s'empourprèrent légèrement.
Violette : merci...
Je passe ma main sur sa joue et pose mes lèvres sur l'autre. Elle parut surprise, je passe mon doigt sur ses lèvres. Elle pose alors ses mains sur mon visage et ses doigts glissent avec grâce sur ma peau.
Violette : tu te maquilles ?
Moi : ouais, depuis que j'ai 12 ans
Violette : t'as les traits fins... Et des lèvres si douces...
Moi : bah... Merci...
Violette : il y a une pouf qui vient dans notre direction.
Je me tourne et me retrouve face à... Emilie ?!
Emilie : salut mon c½ur !
Elle emprisonne alors brusquement mes lèvres laissant une énorme trace de gloss sur les miennes. Je me recule et m'essuie la bouche.
Moi : tu fais quoi là ?!
Emilie : je t'embrasse chéri. Tu veux que je r' commence ?
Moi : nan merci mais tu peux faire quelque chose pour moi.
Emilie : tout ce que tu veux.
Elle fit glisser sa main sur ma cuisse, je la repousse assez sauvagement.
Moi : tu te retournes et tu dégages.
Emilie : oh... Ben si c'est c'que tu veux...
Moi : oui c'est c'que j'veux allez ! Dégage ! Tu m'pompes l'air là !
Emilie : t'es qu'un pauv'e nul !
Moi : mais oui allez dégage !
Je me tourne vers Violette, elle ancre ses yeux verts émeraude dans les miens. Je reprends ses mains et les reposent sur mes joues. Elle me sourit.
Violette : pourquoi tu fais ça ?
Moi : j'aime bien tes mains, elles sont douces et fines.
Violette : ben dit donc ! Tu aimes beaucoup de choses chez moi !
Moi : je crois que je t'aime tout court !
Violette : ne dit pas ça, je suis un vrai fardeau !
Moi : pourquoi ?
Violette : je suis aveugle !
Moi : et alors ! Je n' vois pas pourquoi tu serais un fardeau !
Violette : laisse tomber tu n' peux pas savoir ce que j'endure ! Et de toute façon on n'se connaît que depuis même pas une heure !
Moi : mais j'ai l'impression que l'on se connaît depuis dix ans !
Violette : c'est parce que tu as réussis à lire en moi comme dans un livre ouvert ! Mais tu ne connais que la face que je veux que tu vois ! Tu ne connais pas la petite fille qui faisait tout pour survivre !
Moi : et bien raconte moi !
Violette : pas ici ! On va chez moi.
Moi : ok, viens.
On se lève et j'attrape sa main.
Violette : j'aime bien tes ongles, tu pourras me faire la même manucure ?
Moi : si tu veux.
Elle me sourit et on se mit en chemin.
Violette : si seulement je pouvais voir...
Moi : voir quoi ?
Violette : les oiseaux, le lac, les cygnes... Toi....
Moi : moi ?
Violette : je ne te vois qu'à travers mes doigts ! Je n' sais pas à quoi tu ressembles en couleurs !
Moi : tu reverras un jour !
Violette : je sais, on est arrivés. Le code c'est : 4972
Moi : comment...
Violette : je le sais c'est tout !
Elle me fit un sourire mystérieux, je le lui rendis et entre le code. La porte s'ouvre.
[]
Violette : 1er étage, 2 e porte à droite.
On arrive devant la porte, elle sort la clef de sa poche de jean et on entre. C'est assez grand mais pas trop, je repère des affaires d'homme.
Moi : t'as un petit ami ?
Violette #en accrochant son manteau et son sac# : nan ! C'est les affaires de mon frère, il est dans l'armée donc il est rarement là.
Moi : tu dois te sentir seule !
Violette : c'est vrai mais je m'habitue et puis j'ai mon chat !
Elle s'approche de moi et m'enlève ma veste.
Violette : pas b' soin d'avoir peur ! J'vais pas t'violer ! C'est juste pour que tu t'les gèles pas en repartant !
Elle me sourit et accroche ma veste, elle m'attrape la main et m'assoit dans le grand canapé de cuir blanc.
[PDV Violette]
Je m'assois à côté de lui, en tailleur et lui souris.
Moi : tu veux boire ou manger quelque chose ? J'ai préparé un gâteau à la fraise !
Bill : 'pas d' refus et si t'aurais du coca ou du red bull se serait parfait !
Moi : bah j'ai les deux, tu veux quoi ?
Bill : red bull !
Moi : ok !
Je partis dans la cuisine, je sortis le gâteau du four où je l'avais laissé et le coupe en parts mais le couteau ripe et je me coupe légèrement l'index.
Moi : aïe !
Bill : attends, fais voir.
Je sursaute, je n'l'avais pas entendu arriver. Il attrape ma main et je sens qu'il suçote légèrement mon doigt. Je lui souris, il relâche mon doigt et pose ses lèvres sur ma joue. Je lui souris à nouveau, je reprends le couteau mais il pose sa main sur la mienne.
Bill : nan, laisse j'vais l'faire.
Moi : merci.
Je pose mes lèvres au coin des siennes et me dirige vers le frigo d'où j'en sors deux canettes de red bull. Bill attrape ma main et on repart au salon, je pose les canettes sur la table basse et m'assois en tailleur, face à lui.
Moi : tu m'diras c'que tu penses du gâteau. Il doit pas être super.
Bill #la bouche pleine# : tu délires ! Il est super bon ! ça change des pizzas !
J'eus un rire. On décide alors de passer la soirée devant un film que je connaissais par c½ur mais comme c'était lui qui avait choisit. Je ne l'avais pas contre dit, je partis ranger le plateau où il y avait le gâteau et les canettes vides à la poubelle. Quand je revins j'eus une sorte de vertige, j'eux juste le temps de me rattraper au meuble. J'entendis Bill arriver et me prendre dans ses bras.
Bill : hey ! Qu'est-ce qui t'arrive !
Moi : c'est rien, c'est les cachets que je prends, c'est rien.
Bill : quels cachets ?
Moi : des cachets antirejet.
Bill : pourquoi tu prends ça ?
Il me ramène sur le canapé et m'installe entre ses jambes. Il est allongé adossé à l'accoudoir et j'ai le dos contre son torse. Je plis légèrement mes jambes.
Moi : il y a maintenant deux semaines je suis partie au Etats-Unis pour me faire opérer, ils ont trouvé une méthode pour faire retrouvé partiellement la vue. Et je suis revenue en fin de semaine dernière, ils m'ont dit que je retrouverais partiellement la vue dans le courant de cette semaine et qu'il fallait que je prenne ce genre de médocs pour éviter que je face un rejet. Ils m'ont ajouté je sais plus trop quoi et je devrais prendre ses médocs jusqu'à ce que mon corps s'y habitue c'est à dire plus ou moins trois mois.
Bill : mais ils entendent quoi par « retrouver partiellement la vue » ?
Moi : c'est à dire que je serrais astigmate, autrement dit je devrais porter des lentilles ou des lunettes.
Bill : ah, pas cool ça !
Moi : je préfère les lentilles au noir total !
Bill : c'est vrai...
Moi : allez, on continue de regarder ce film ?
Bill : ouais, mais dit moi. Tu m'as toujours pas expliqué...
Moi : Bill... S'il te plait... J'ai pas envie d'en parler maintenant...
Bill : ah désolé....
Moi : c'est rien...
Je calle bien ma tête contre son épaule et je finis par m'endormir dans le creux de ses bras et la tête nichée dans son cou. Je sens alors des lèvres sur les miennes, j'ouvre les yeux et vois Bill au-dessus de moi. °
Heu... T'as pas remarqué un truc ?/ non, quoi ?/
Bah réfléchis !/ Je ... VOIS ???!!!/
Oui ! Tu viens de le découvrir après cinq minutes que vous avez vos lèvres scotchées/ Oh TG !°
Je passe mes mains sur sa nuque cherchant à approfondir le baiser, sa langue glisse alors entre mes lèvres et viens s'amuser avec la mienne.
°Il a un piercing !!/
Putain ! -_-''' !°
Je m'amuse avec son piercing pendant un long moment mais un bruit vient nous perturber...
Je me réveille en sursaut, éteins d'un coup de poing mon réveil et me retourne. Je me blottis contre son torse chaud et me rendors...
Il faut toujours avoir des rêves, des espoirs ou des buts sinon la vie ne vaut pas la peine d'être vécue...